Entrez dans un monde où les Primordiaux dorment dans la pierre et le vent, où les royaumes s’allient contre des menaces anciennes, et où chaque couronne porte le poids de choix qui façonneront l’avenir d’Orathen.
L’Héritage des Âges
Des cendres d’un monde brisé, six royaumes se dressent sous le regard silencieux d’anciens mystères.
Voilà mille cinq cents oraths que les derniers elfes purs prirent la mer vers l’ouest, laissant derrière eux un continent où les peuples mortels tissèrent leur destin. Depuis l’Onde Première voilà dix mille oraths, l’histoire d’Orathen s’était écrite dans le sang des batailles et la pierre des cités, transmise par les bardes et les vents qui murmuraient encore les noms anciens.
En ces temps-là, six couronnes régnaient sur le continent originel, chacune façonnée par les épreuves des âges et le sang versé.
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Les Six Couronnes
À l’ouest, Ardelann se dressait tel un rempart inébranlable face aux tempêtes du monde. Le roi Démétrius avait forgé son royaume en une forteresse vivante où chaque citoyen connaissait le poids de l’épée et le prix de la liberté. Dans ses veines coulait le sang ancien de sa lignée, cette force étrange qui permettait aux rois de vivre trois vies d’homme et refermait leurs blessures mortelles comme si la chair elle-même refusait la défaite. Quand son ancêtre Araxis ouvrit le ciel à Arenvale, beaucoup y avaient vu la preuve que les Primordiaux avaient béni cette lignée depuis l’aube des temps. Pourtant, malgré ses vingt hivers à peine, Démétrius maniait déjà l’épée comme un vétéran de cent batailles, et sa méfiance envers l’Alliance ne s’adoucissait que pour Zorund’Mir, seul royaume qu’il jugeait digne de confiance.
Plus au nord, là où même le soleil hésitait à réchauffer la terre, Wirmholt veillait dans son éternel hiver. La reine Zalviris Skarvyr y régnait sur les mi-elfes des glaces, ces héritiers d’un sang mêlé qui leur octroyait la résistance du nord tout en préservant des bribes de la sagesse ancienne. Les runes brillaient dans les glaciers chantants tandis que, sous des pactes vieux de mille oraths, les Géants de Glace dormaient leur sommeil de pierre et de givre.
Loin de ces terres gelées, les sables brûlants du sud abritaient Ashkara, où le sultan Jarym al-Zarhan avait su unir les cités marchandes sous une seule bannière dorée. Dans les souks de Qashimaar, épices rares et gemmes du désert s’échangeaient contre les récits des caravanes, car là-bas chaque histoire valait son pesant d’or et chaque alliance se négociait comme un marché où la parole donnée pesait plus lourd que l’or zarythien.
Vers l’est, les steppes vallonnées de Zorgath’Vrok résonnaient du galop des cavaliers et du poids d’une histoire douloureuse. Le khagan Rynval Dorrath gouvernait ces terres où, voilà quatorze darans, les clans orques avaient plié le genou pour survivre après des oraths de défaites. Les potions de stérilité concoctées par les fairys devaient réduire leurs portées de six petits à deux ou trois, affaiblir leur sang vigoureux et raccourcir leurs longues vies. Pourtant, malgré ces entraves, la population de Zorgath’Vrok avait triplé depuis leur soumission, et cette marée verte qui montait inexorablement hantait désormais les nuits de toute l’Alliance.
Par-delà les mers tourmentées, l’île-royaume de Zorund’Mir prospérait sous ses salles de pierre éternelle. Le Grand Thane Dorvin Thungrim-Ur, qui approchait de son crépuscule après trois cent cinquante-huit hivers, régnait sur les huit grandes familles naines avec la sagesse de celui qui avait vu passer les âges. Dans les entrailles de l’île, les mines de mithril résonnaient du chant des marteaux tandis que les ports fortifiés défiaient les tempêtes, et partout retentissait le serment ancien : « Par la pierre nous tenons, par la forge nous durons. »
Et au cœur du continent, là où tous les chemins se croisaient, Ostheron cultivait l’équilibre entre les royaumes. Dame Sylvara Thandrel, reine-druidesse du peuple fairy, veillait sur les rivières fertiles et les sanctuaires verdoyants avec la patience de celle qui avait vécu trois tharens et demi. Elle seule se souvenait de la naissance de l’Alliance il y a plus de trois cents oraths, et c’était encore sa voix cristalline qui, voilà quatorze darans lors du Grand Conseil, s’était élevée pour la clémence alors que l’épée était tirée pour l’extermination finale des orques vaincus. Wirmholt avait appuyé cette paix tandis qu’Ashkara penchait pour la clémence, mais Ardelann n’avait consenti qu’en jurant que si les orques trahissaient, nulle pitié ne leur serait accordée, et les marteaux nains avaient tonné leur accord avec cette mise en garde.
L’Alliance et les Ombres
Ainsi ces six nations formaient l’Alliance d’Eldrakar, ce pacte forgé dans le sang il y a plus de trois cents oraths, quand les orques avaient failli anéantir toutes les races civilisées. Mais en ces temps-là, tandis que cette menace couvait sous le joug fragile de la paix, d’autres ombres persistaient dans le monde.
Loin à l’ouest, par-delà quinze cents kaens d’océan noir, le royaume maudit de Valgoth dormait dans le givre éternel sous la surveillance sans faille des elfes d’Elynvaeth. Entre leurs terres pures et cette corruption ancienne s’étendait Naril’Vaelor, la forêt-rempart où les Trolls de pierre, créés par la magie elfique pour être gardiens éternels, montaient leur veille depuis des oraths sans nombre contre toute incursion.
Mais Valgoth n’était pas la seule blessure du monde. Dans les profondeurs oubliées, là où même les nains n’osaient plus creuser, dormaient les fragments du Néant, ces éclats de l’ancien chaos que les Six Primordiaux avaient scellés à l’aube des temps.
Les Forces Éternelles
Car les Six Primordiaux sommeillaient encore dans la matière même d’Orathen. Zor’Vhan brûlait dans chaque flamme qui dansait, Thaeryn coulait dans chaque rivière qui murmurait, Tellarion se dressait dans chaque montagne qui défiait le ciel. Sylpharion soufflait dans chaque brise qui portait les saisons, Thal’Vorran gelait dans chaque givre qui mordait la chair, et au centre de tout, Kalzareth tissait encore et toujours l’équilibre invisible qui maintenait le monde.
Orathen vivait. Orathen respirait. Orathen attendait.
LES ROYAUMES
les chroniques d’orathen
Sous la brume
Une novella des Chroniques d’Orathen
Six sols de pluie noient la province de Thalmyrr. Quand l’eau se retire, onze soldats du roi sont morts. Trente oraths plus tard, Kerwyn Corvath rassemble ses souvenirs et les pièces de l’affaire, pour raconter ce qu’il a vécu, et ce que ces pièces lui ont appris.

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A PROPOS
Je suis May Cartwyn.
Depuis l’enfance, j’explore les mondes invisibles qui palpitent sous la surface du réel.
J’ai commencé par la science-fiction, puis par des réécritures d’univers que j’aimais.
Avec le temps, une évidence s’est imposée : créer un monde où le merveilleux n’est pas l’exception, mais la règle.
De cette quête est né Orathen, un univers ancien, cohérent et vivant, où chaque récit ouvre une porte vers ce qui sommeille encore dans l’ombre.
J’écris pour révéler ces territoires cachés et offrir aux lecteurs un passage vers l’ailleurs — là où l’imagination respire librement.






